Atelier

Clinique d’enseignement novatrice de prise en charge des demandeurs d’asile en médecine familiale et perception des résidents en formation

La porte d’entrée au système de santé au Québec passe par la première ligne, mais il existe plusieurs barrières rendant l’accès aux soins difficile, particulièrement pour les demandeurs d’asile. L’accès aux services de santé peut être vu comme discriminant en vertu du statut légal des demandeurs d’asile et peu de médecins se sentent outillés pour répondre adéquatement à leurs besoins.

Afin de répondre aux besoins en soins de santé des demandeurs d’asile et d’atténuer les barrières à l’accès aux soins, l’équipe du GMF-U Bordeaux-Cartierville a mis en place un projet novateur, en partenariat avec des organismes de la région, dont le SIPPE et le GAP. Il s’agit d’une clinique interdisciplinaire, impliquant notamment médecins et travailleurs sociaux, qui a deux objectifs interreliés. Elle vise d’abord à assurer la prise en charge en médecine familiale de demandeurs d’asile et ayant des besoins de santé ou de services psychosociaux. La clinique a aussi un objectif pédagogique, soit d’enseigner aux résidents en médecine familiale les particularités des soins de première ligne offerts aux migrants. Les résidents en formation seront à terme davantage outillés à poursuivre la prise en charge de cette clientèle. Un projet de recherche est également en cours étudiant la perspective des résidents face à cette innovation pédagogique.

Les objectifs de la présentation sont :

  • Découvrir le projet novateur de clinique des migrants du GMF-U Bordeaux-Cartierville
  • Réfléchir à l’impact d’une telle clinique sur la santé des migrants
  • Comprendre le projet de recherche en cours sur la perception des résidents en médecine familiale sur leur participation à la clinique

Trajectoires de vies et d’interventions transnationales : soutenir les personnes en situation de refuge et de demande d’asile à l’échelle locale et au-delà des frontières du Québec et du Canada

Les personnes réfugiées et en demande d’asile qui s’établissent au Québec font face à une complexité et une précarité grandissantes de leurs trajectoires, en partie à cause du resserrement des options de protection durables dans les pays comme le Canada ainsi qu’à l’augmentation de la violence sur les chemins de l’exil. Le soutien offert par les personnes intervenantes qui les accompagnent au Québec se doit donc de tenir compte de ce contexte et de ses impacts sur la vie des personnes concernées sur les plans locaux, nationaux et transnationaux.

Construit dans une perspective multidisciplinaire (travail social, anthropologie) et intersectorielle (services publics et communautaires), cet atelier s’adresse aux praticien·ne·s, aux chercheur·e·s ainsi qu’à toute personne concernée ou intéressée à échanger autour des défis et des opportunités de la prise en compte des dimensions transnationales en intervention (psycho) sociale et communautaire auprès des personnes en situation de refuge, de demande d’asile et autres trajectoires migratoires complexes.

Plus spécifiquement, il vise à :

  • Informer et sensibiliser les personnes participantes aux pratiques d’intervention transnationale à partir d’exemples tirés de projets de recherche et de pratiques d’intervention ;
  • Échanger autour des défis et des opportunités de la prise en compte des dimensions transnationales en intervention (psycho) sociale et communautaire auprès des personnes en situation de refuge, de demande d’asile et autres trajectoires migratoires complexes ;
  • Dégager collectivement des pistes d’intervention porteuses en matière d’accompagnement (psycho) social dans une perspective transnationale.

Il s’appuie sur les constats issus de deux recherches menées auprès de membres de familles réfugiées transnationales en processus de réunification vers le Québec (Richard, à paraitre) et de jeunes adultes d’immigration récente à Montréal. Toutes deux placent au centre le point de vue des personnes directement concernées en les mettant en dialogue avec celui des intervenant·e·s qui les soutiennent.

Une brève contextualisation de l’intervention transnationale sera d’abord effectuée par les deux co-présentatrices à partir d’exemples de pratiques d’intervention se déployant à la fois à l’échelle locale et au-delà des frontières du Québec et du Canada. Des exemples tirés de la pratique d’accompagnement de personnes réfugiées et en demande d’asile seront aussi exposés. Les participant·e·s à l’atelier seront ensuite invité·e·s à partager des situations concrètes tirées de leurs expériences vécues et/ou de leurs pratiques d’intervention dans le cadre d’échanges en sous-groupes thématiques « familles » et « jeunes » afin de s’entraider et de faire émerger des pistes d’intervention porteuses.

Art et Contes en famille : une initiative pour renforcer les liens familiaux chez des familles immigrantes et réfugiées

En plus de vivre les défis liés au déracinement culturel et identitaire, de nombreuses familles réfugiées et demandeuses d’asile vivent les répercussions de traumatismes passés, de la discrimination et des conditions de vie précaires. Certaines de ces familles ont pu ressentir davantage les contrecoups de la pandémie, ce qui a pu mener à une fragilisation de la dynamique familiale, à une augmentation de l’anxiété parentale et à des risques de violence au sein du foyer. Il est démontré que la création artistique peut diminuer l’anxiété et les symptômes de stress post-traumatique en plus de soutenir la relation parents-enfants.

À cet effet, l’Organisation des Jeunes de Parc-Extension a mis sur pied une recherche interventionnelle basée sur les ateliers Art et Contes auprès des familles immigrantes et réfugiées. Ces ateliers d’approche art-thérapeutique communautaire utilisant les contes et les créations libres ont d’abord été développés dans un cadre scolaire avant d’être adaptés à un contexte familial et communautaire.

À l’occasion de cet atelier-conférence, un expérientiel Art et Contes sera proposé afin de favoriser une meilleure compréhension de l’intervention. Deux thérapeutes par les arts aborderont les impacts de cette intervention tant en milieu scolaire que familial, en faisant ressortir les spécificités propres à chaque milieu. De plus, une chercheuse présentera l’étude de cas d’une famille d’immigrants en s’appuyant sur les notes d’observation des créations libres et de dessins dirigés (Kinetic Family Drawing). Sera aussi présentée la manière dont les membres de la famille ont développé des liens plus étroits à travers les arts, les contes et les expériences multisensorielles. L’atelier se terminera avec une période d’échange et de questions.

Les demandeurs d’asile face aux transformations dans les pratiques d’intervention dans les ressources en itinérance de Montréal : le cas de la Maison du Père

Les questionnements sur l’itinérance en tant que phénomène sont inextricablement liés aux différentes réponses à apporter. Dans cet ordre d’idée, les organismes communautaires jouent un rôle important dans les trajectoires des personnes sans-abri qui en ont recours. La transformation des configurations du phénomène à Montréal et dans d’autres villes du Québec, et la diversification des besoins des usagers dans un contexte de rareté des ressources financières représente un défi pour ces ressources communautaires. Toutefois, le lien — du moins dans la littérature consultée — avec les mouvements migratoires importants, tels que ceux que connait le Canada et le Québec et l’augmentation du nombre de personnes sans-abri ayant recours aux services des organismes tels que La Maison du père n’a pas encore été établi. Je pars de ce constat établi par mes observations de terrain à la Maison du Père, ainsi que de la littérature de l’organisme documentant une augmentation du nombre de demandeurs d’asile et de travailleurs temporaires notamment pour interroger les dispositifs, les processus, voire les rapports d’une institution particulière à ce public distinct de ses groupes cibles.
La réflexion s’inscrit dans une sociologie des pratiques d’accompagnement institutionnelles des personnes en situation d’itinérance, lesquelles se sont adaptées dans le temps en se focalisant sur les besoins individuels des personnes. Les pratiques d’intervention qui ont cours dans les ressources prennent en compte la complexité des parcours individuels des personnes en situation d’itinérance, reconnaissant les défis multiples auxquels celles-ci sont confrontées et cherchant à offrir des réponses plus personnalisées. Enfin une approche plus intersectionnelle me permettra de voir la relation entre les politiques migratoires, la catégorie demandeur d’asile et l’itinérance.

Mobilisations pour favoriser l’accès aux soins de santé des demandeurs d’asile dans le cadre du PFSI

Au Québec, l’accès aux soins de santé et aux services sociaux pour les personnes en demande d’asile qui sont couvertes par le Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI) est un enjeu systémique de longue date, qui mobilise une diversité d’acteur·trice·s. Du monde de la recherche en passant par le milieu communautaire et les institutions de la santé et de services sociaux, des projets voient le jour, avec pour objectif l’amélioration de l’accès au système de santé.

Autour de cette table ronde, l’équipe en charge du dossier PFSI au CERDA réunit deux chercheures de l’Institut Universitaire SHERPA qui analysent les barrières institutionnelles, une avocate de La Maison Bleue qui accompagne les personnes dans la défense de droits, ainsi que la chargée de projet des Carnets de Route, une initiative du CERDA qui informe les personnes en demande d’asile des services disponibles. L’objectif de cette table ronde est de mettre en commun les différentes stratégies existantes afin de mieux saisir les enjeux d’accès au système de santé pour les personnes en demande d’asile et de favoriser la création de collaboration. Chacune des participantes abordera leurs angles respectifs d’analyse, la complémentarité de leurs travaux, mais également la manière de les mettre en commun pour espérer avoir plus de poids dans les considérations des décideur·euse·s et améliorer ainsi l’accès aux soins de santé et aux services sociaux pour les personnes en demande d’asile, bénéficiaires du PFSI.

Théâtre pour la prise de parole et l’intégration

Cet atelier présentera des techniques théâtrales visant à libérer la parole à travers la création d’histoires, de personnages et de scènes. Les participants auront l’opportunité d’expérimenter des activités de création théâtrale développées dans les projets du Collectif Théâtre pour l’Espoir de l’UQAM. Depuis 2017, ce collectif produit du matériel didactique en jeu théâtral, marionnettes et création de spectacles pour les intervenants travaillant auprès des immigrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile. Le théâtre est un outil éducatif essentiel pour favoriser l’intégration sociale, la libération de la parole, l’apprentissage linguistique, la confiance en soi et le développement de la créativité. Au cours de cet atelier, les participants apprendront à organiser des séquences d’activités théâtrales à utiliser dans des groupes, des rencontres communautaires ou des activités d’accueil. Des exemples de productions de livres didactiques du Théâtre pour l’Espoir ainsi que des retombées des actions théâtrales menées auprès de ce public ciblé seront également présentés. Cet atelier sera co-animé avec la médiatrice pour les Rencontres Théâtre Ados dans le cadre d’ateliers de théâtre avec des classes d’accueil, ainsi que des classes d’adaptation scolaire.

La représentation désignée : pour le droit à un processus décisionnel juste et éclairé des personnes demandeuses d’asile

Grâce à une entente avec la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR), le Programme régional d’accueil et d’intégration des demandeurs d’asile (PRAIDA) offre le service de la représentation désignée depuis plus d’une vingtaine d’années. La représentation désignée consiste à accompagner les personnes demandeuses d’asile les plus vulnérables dans le processus de leur demande d’asile. À partir d’un mandat émis par la CISR, un travailleur social du PRAIDA peut agir à titre de représentant désigné pour les mineurs non accompagnés et des demandeurs d’asile qui ne sont pas en mesure de comprendre la nature de la procédure dans le but de représenter leurs intérêts supérieurs.

Considérant les principes de justice naturelle, la représentation désignée permet la défense des intérêts supérieurs des demandeurs d’asile vulnérables en assurant l’équité au niveau de l’accès à la justice.

Pour ce faire, les représentants désignés doivent soutenir la personne dans la préparation de son dossier en lui trouvant un conseil, en vulgarisant l’information et en élaborant des arguments qui aideront le Tribunal à rendre des décisions équitables et éclairées.

L’objectif de cette présentation est de mettre en lumière ce service unique et fondamental, quoique méconnu, qui s’inscrit à la jonction des domaines du droit et du travail social. Le travailleur social du PRAIDA dans son rôle de représentant désigné joue un rôle de facilitateur en créant, en quelque sorte, une passerelle entre les cadres de référence ethno-socio-culturels de la personne représentée, son conseil et le système de demande d’asile du Canada.

Élaborer des outils destinés aux personnes réfugiées et en demande d’asile: réussites et défis de Carnets de route

Carnets de route est un projet destiné aux personnes réfugiées et en demande d’asile ainsi qu’aux intervenant·e·s et autres professionnel·le·s qui les accompagnent, fournissant des informations qui visent à faciliter le processus d’installation. Les outils seront disponibles à partir de mars 2024.

Nous proposons un atelier en trois parties :

La première partie présentera 5 cas fictifs, à partir desquels nous naviguerons dans les différents formats et profils de Carnets de route. Il s’agira d’une manière interactive et concrète pour le public de se familiariser avec l’outil.

La deuxième partie se concentrera sur les processus de collaboration qui ont été mis en place au sein du projet. Une personne elle-même réfugiée ou en demande d’asile partagera son implication au sein de Carnets de route, ainsi que 1 ou 2 autres personnes du terrain provenant d’autres secteurs, par exemple du PRAIDA. Nous détaillerons également notre collaboration avec le comité des intervenant·e·s et chercheuse·eur·s, ainsi qu’avec des expert·e·s du terrain.

La troisième partie de l’atelier sera axée sur ces défis posés par l’élaboration d’outils tels que Carnets de route :

  • La mise à jour de contenus complexes dans un contexte de désinformation et de changements rapides ;
  • La complémentarité entre les différents outils existants ;
  • L’arrimage entre l’information officielle et la réalité pratique ;
  • L’utilisation de ces outils dans la trajectoire de soins.

Les participant·e·s seront appelé·e·s à se prononcer sur ces questions dans une modalité interactive. L’activité terminera avec un retour en grand groupe sur les solutions proposées.

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