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Juin 05

« Faire les choses bien. » Trajectoires migratoires des demandeur‧se·s d’asile mexicain‧e·s à Montréal (2022-2023)

Emma Le Lain
Université du Québec à Montréal (UQAM)

Depuis 2022, les demandeur·se·s d’asile mexicain·e·s arrivent à Montréal par avion dans des proportions inédites. Durant l’attente de leur audience, qui dure en moyenne deux ans, iels occupent majoritairement les emplois non qualifiés d’industries structurellement basées sur le recours à une main-d’œuvre temporaire et précaire.

Cette zone grise entre travail migrant et politique humanitaire caractérise l’intégration subalterne du Mexique dans l’espace nord-américain ; elle a également un impact sur la santé mentale des demandeur·se·s d’asile mexicain·e·s et sur leurs stratégies d’intégration. Ainsi, cette proposition de recherche vise à mieux comprendre comment la tension entre ouverture et fermeture de la politique migratoire canadienne influence les trajectoires d’accès à la résidence permanente des demandeur·se·s d’asile mexicain·e·s.

Dans cette communication, je présenterai les résultats issus de 8 entrevues semi-dirigées menées auprès de demandeur·se·s d’asile mexicain·e·s arrivé·e·s par avion à Montréal en 2022/2023, dans le cadre d’un mémoire de maîtrise en sociologie. L’analyse thématique des données démontre que la politique migratoire canadienne influence les trajectoires des demandeur·euse·s en créant une double injonction à la conformité, entre vulnérabilité et utilitarisme économique : prouver la crédibilité de leur besoin de protection, tout en s’insérant dans le marché de l’emploi formel et francophone. Dans ce contexte, pour les participant·e·s, « faire les choses bien » est une stratégie individuelle permettant de retrouver de l’agentivité, de diminuer l’incertitude liée à leur statut temporaire, et de préserver ainsi leur santé mentale.

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